samedi 7 mars 2009

Papier à mouche et chantage de pomme

Voilà à peine quelques mois, j'étais profondément persuadée que plus jamais un homme ne me regarderait. Quand on ne se sent pas bien dans sa peau, même si on est Claudia Schiffer (Shiffer? Schifer?).................. même si on est Pénélope Cruz, on se sent pas beau.

Mais les semaines ont passé. De party en bar, du bureau à la rue, j'ai capturé certains regards attardés sur moi. Au début, je vérifiais derrière mon épaule, cherchant la beauté à qui étaient dûs certains sourires. Puis, ne sachant comment réagir, j'ai préféré ignorer les marques d'attention, ou les repousser froidement en l'absence d'autres solutions.
Les quelques mois ont passé maintenant. Je ne me considère plus du tout comme une mocheté, et je n'ai plus besoin qu'on me rassure à ce sujet. Après avoir entendu trois fois que je ressemblais à un Renoir ou un Botticelli, j'ai fini par tout simplement accepter mon style de beauté. Ronde, pâle, blonde et bouclée avec un visage de poupée: une beauté qui ne correspond pas aux canons mais qui, je m'en aperçois maintenant, n'est pas ignorée par la gent masculine. Cette confiance nouvellement acquise m'a permis de regarder le monde avec de nouveaux yeux. Et de voir que non, je ne suis pas un pichou.

J'ai un minimum de succès en fait. J'attire certains hommes comme du papier à mouche, à mon grand dam d'ailleurs. Parce qu'ils sont tous de la même espèce de mouche. Des hommes qui manquent de confiance, timides, souvent immatures et inexpérimentés en matière de chantage de pomme. Des gars qui croient qu'en me couvrant de compliment je tomberais en amour avec le reflet amélioré de moi-même, qu'ils m'exposent en long et en large, les yeux brillants. Qui croient pour la plupart que je suis une proie facile. Mais je déteste la flatterie plus que tout, et puisque tout flatteur vis aux dépens de celui qui l'écoute, je n'ai l'intention de faire vivre personne. Non mais.

Et puisqu'il y a déjà plusieurs années qui me séparent de l'époque ou j'étais à l'aise avec les jeux de charme, je ne sais plus comment réagir. Même devant un prétendant inintéressant, je rougis, je balbutie, je m'empêtre. Je pourrais utiliser mon sens de la répartie et rabattre le caquet de ces coqs mais bon, je suis trop polie. Naïve, donc, j'accepte certaines invitations en croisant les doigts de n'avoir à repousser personne. Et avec une vague impression du devoir en plus : m'ouvrir, me mettre en danger, me permettre les expériences, connaître de nouvelles personnes. Mais rien à faire, les hommes qui me courtisent ne m'attirent tout simplement pas, et ma libido n'est pas assez déchaînée pour me contenter de si peu.
Oui oui, je sais, je dois y mettre du mien. Entrer en relation avec les hommes qui m'intéressent. Mais je n'y tiens pas. Je suis bien, là, pas de mec, pas de questions, pas de stress. Les papillons à l'estomac m'ont toujours donné mal au coeur, de toute façon.
Un peu au désespoir, je me disais donc bien piteusement que si les cinq prochains hommes à m'approcher sont aussi peu dans mon genre que les derniers, je me convertis au lesbiannisme.
Ne dit-on pas de toute façon qu'au contraire des hommes, toutes les femmes sont belles?

3 commentaires:

Yannick Plante a dit…

Ish... ouin... pas très faltteur pour les derniers qui t'ont criusés lol!

Intéressant comme texte! Belle écriture, continue.

Yannick

Alexe-Sandra a dit…

Oui bon bon... À noter que ce blogue est surtout là à des fins de défoulement et de péremptoires exagérations! Sans offense à personne en particulier, bien sûr. Mais merci pour le compliment! :)

Sébastien Desrosiers a dit…

ehehe
Il y a cette colonie d'Amazones qui recherche de nouveaux membres... Beaucoup d'air pur, du tir à l'arc, des ateliers de lesbianisme guerrier.