D'après moi, il n'y a fondamentalement que trois sujets qui tiennent les québécois ensemble. Bon, je vous épargne le suspense (lire le titre), et je saute directement au pourquoi.
Avant, c'était la religion. On se réunissait au minimum à tous les dimanches, tous dans le même esprit, pour adorer Dieu. Pendant (ou préférablement avant, ou après) le processus, on jasait de nos journées, on se racontait nos potins. Nous étions unis dans un même esprit et on se tenait les coudes serrés, tous frères.
Plus tard, après l'évacuation tranquille de la religion, c'était la politique. À tous les discours, toutes les élections, on échangeait nos idées et nos convictions, tous frères.
Après la mort des idées politiques, que nous reste-t-il? Ben le hockey. À chaque game tout le monde se rive devant son téléviseur, dans les bars, dans les restaurants, et on échange nos pronostics et nos critiques, tous frères.
J'exagère? Sûrement.
Mais quand même...
À chaque messe, le repas dominical. Tout le monde autour de la table, on boit une bière et on partage le pâté chinois.
À chaque Saint-Jean, le party. Tout le monde autour du feu, on boit une bière et on partage les hamburgers.
À chaque partie, le 6 pack. Tout le monde autour de la télé, on boit une bière et on partage les ailes de poulet.
On espérait de Dieu qu'il sauve nos âmes, du PQ qu'il sauve notre identité, du CH qu'il sauve notre honneur. Et le niveau de notre foi fluctue selon les revers infligés par le diable, les conservateurs ou les Bruins (ou les Flyers, ou les Maple Leaf... c'est selon).
On récitait tous ensemble les "amens", puis on criait tous ensemble à "vive le Québec libre!", puis on gueule tous ensemble à "il lance... et compte!"
On achète les décorations à Noël, les drapeaux à la Saint-Jean Baptiste, et les t-shirts pendant les séries. Et dans nos voitures, il y a un chapelet sur le rétroviseur, des collants du fleurdelisé sur le pare-choc ou des drapeaux du CH sur l'antenne.
On a trois sauveurs : Jésus, René Lévesque et Bob Gainey. Et nos sauveurs ont leurs apôtres, de Jean, Marc et Mathieu, jusqu'à Price, Koivu et Kovalev, en passant par les députés du pq.
Et MÊME s'il y a des divergences d'opinions (parce qu'il y en a toujours) le sujet nous tient quand même ensemble. Pratiquants contre athées, séparatistes contre "conservateurs", Montréal contre Boston. Même si on est pas sur la même longueur d'ondes, on en discute encore et toujours, ensemble. Parce qu'il faut bien du noir pour faire du blanc!
Vraiment, y a-t-il d'autres sujets qui nous ont déjà permis d'être plus ensemble? Je veux dire, ensemble, collectivement, de savoir que pratiquement tout le monde est susceptible d'avoir son opinion dans toute conversation touchant à un de ces trois sujets? Quelque chose qui nous définit en tant que québécois? Des événements qui comprennent autant de préparatifs, de rituels? Non franchement, j'ai beau y penser, rien ne me semble avoir été aussi sujet au partage, à la communauté, que la religion, la politique et le hockey.
Quant à moi, c'est agnostique, séparatiste et pro-Canadien...
On s'en jasera autour d'une bière.
2 commentaires:
Bon texte... un début d'étude sociologique.
Quand on voit le désintérêt récent des jeunes adultes pour al politique et la religion, on comprend pourquoi le CH est si populaire en ce moment. Il est le seul des trois qui a "la cote".
Et même si ces trois éléments rassemblent, ils divisent aussi : croyant/athé, souverainiste/fédéraliste, nordiques/canadiens.
Sur ce,... Boston en 5... :-(
Bayard
J'adore!!
Dans le fond, on est une gang de mous obstineux qui avons absolument besoin d'un prétexte à socialisation.
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