dimanche 30 novembre 2008

Alexe VS Talons

Je crois que les talons hauts font dramatiquement chuter le QI de toute personne existante. Prenez ces garçons qui à l'Halloween se déguisent en femme, talons à l'appui. Oui, ils sont plus cons qu'à l'ordinaire. D'où peut-être le préjugé sur les belles femmes stupides: elles portent toujours des talons, non? Je crois que les quelques centimètres supplémentaires obtenus par le port d'escarpins changent l'apport d'air ou de sang au cerveau, ce qui modifie la dynamique habituelle d'une personne.

Moi, j'ai eu la très bonne idée de mettre de jolis bottillons à talons toute une journée, puis de me rendre ensuite dans un party : Douleur. Peine et douleur. Mais! je me sentais irrésistible, ce qui compense largement ces quelques désavantages que sont l'étirement des muscles, la compression des gros orteils et le frottement du faux cuir sur ma peau. N'est-ce pas déjà stupide? Mais attendez... il y a pire.

Oui, mon sang ne se rendant pas assez à mon cerveau, je me suis intelligemment dit que je n'avais pas besoin d'emporter des souliers de rechange (stupidité #2). Mais la boisson aidant, j'oublie ma douleur et me lance à corps perdu sur la piste de danse (stupidité #3) Après avoir failli débouler les marches de métal deux fois plutôt qu'une, l'idée vague de simplement retirer mes souliers me passe par la tête. Mais le manque d'air m'empêche de mettre cette brillante idée à exécution. Je continue donc à danser, à valser entre les conversations et à sortir griller quelques cigarette. Mais la soirée avance, il faut que je quitte.
À peine le pied dehors, manteau et énorme sacoche sur le dos, l'exaltation de la soirée se dissipe, remplacée par ma douleur. Nous marchons jusqu'au métro (aille... ouch... ouille...) et, en attendant le prochain wagon, je retire -enfin- mes bottes (intelligence #1) Soulagement que de m'asseoir, pieds nus (en soquettes, on s'entend!) jusqu'à ma station où je me rechausse à contre-coeur. Dehors, je constate que mon autobus n'arrivera pas avant 35 minutes. Trop long: à pieds, je me rend chez moi en 10 minutes. Je pars donc clopin-clopant, prenant mon courage à deux mains (stupidité #4).
Quelques coins de rue plus tard, au tiers du chemin environ, je m'arrête. J'ai beaucoup trop mal. Mon dos, mes jambes, mes chevilles sont fourbus, et surtout, la plante de mes pieds brûle. Mais j'ai quitté le trajet que prend l'autobus depuis longtemps et je suis trop lâche pour rebrousser chemin et l'attendre. Pendant au moins deux minutes bien sonnées, je reste donc plantée là en me demandant ce que je dois faire (oui, comme je disais, l'afflux sanguin prend beaucoup plus de temps à se rendre à mon cerveau) Puis, l'air cesse lui aussi de m'alimenter : en pleine rue, à une heure du matin, un 28 novembre arrosé de pluie et de neige, je retire mes bottes.

Stupidité #5 et 6: pour celle-là, je crois être justifiée de compter chacun de mes pieds.

Puis je marche. Oui, je suis un peu trop éméchée pour me rendre vraiment compte que l'eau pénètre mes bas et que les pierres heurtent mes tendres petits petons, mais en comparaison à la douleur d'être en talons, je suis en pantoufles. En pantoufles froides, mais en pantoufles.

Mais attendez la suite:

Pour me rendre chez moi, je dois traverser un parc. Boueux. Et froid. Non! Une partie de mon cerveau atrophié fonctionne encore et je ne peux me résoudre à le traverser pieds nus. Que fais-je? Mais je remets mes bottes!! Oui, j'enfile dans ces bottines neuves de soixante dollars deux pieds mouillés, froids, boueux et couverts de feuilles mortes, totalement indifférente des conséquences et sans penser que je n'avais qu'à retirer mes bas souillés (stupidité #7). Et je repars.
Saviez-vous que les talons s'enfoncent dans la boue? Moi aussi, quand je n'en porte pas, je le sais. Mais là j'en porte, alors chaque pas ou presque doit être extirpé du petit sentier où m'a mené ma stupidité. Quand je pense que je n'avais qu'à faire le tour, je me dis qu'il s'agissait là de la stupidité #8...
À la sortie du parc, 2 minutes de marche m'attendent encore. Pourtant, je double ce délai d'attente en restant encore une fois plantée là à me demander si je re-retire mes bottes. Mais je ne le fais pas. J'imagine que la sensation spongieuse de mes bas dans mes semelles imbibées devait me sembler agréable, puisque je repars en écoutant mes pas faire clop-squik clop-squik jusqu'à chez moi. Et chez moi, je retire enfin mes bottes, puis mes bas, puis mes jeans trempés et je me crème les pieds à tel point que le chemin entre le divan et mon lit en portait encore les traces le lendemain. Comme mes draps. Comme mes bottes. Et mes vêtements.

Résultat final : Alexe 1, Talons 8.

2 commentaires:

delima57 a dit…

Étant donné que tes bottes aussi doivent être KO, le match est finalement nul... vous avez perdu tous les deux (les trois?)...

Mamathilde a dit…

Rire! Que c'est bien raconté Alexe! Comme je sais dans quel état tu étais, je trouve ça sans doute encore plus drôle.

Pour ma part, quand j'ai vu que mes autobus passaient dans une heure, j'ai pris un taxi pour descendre la côte, je me disais que j'étais vraiment trop soule pour me faire confiance.

Peut-être que ma solution n'était pas stupide finalement, juste onéreuse...