Leçon gracieusement offerte par mme Al, docteure honoris causa en sociologie comparée de la prestigieuse université DTLJ*
La faune urbaine est, comme son nom l'indique, une faune. Et comme dans toutes les jungles, toutes les plaines, toutes les montagnes, les animaux usent d'une foule de signaux pour se positionner parmi les leurs et les autres. Comme la plupart d'entre vous, je passe le plus clair de mon temps en société : il m'est donc donné à tous les jours d'observer la faune urbaine en action. Ces observations m'ont mené à quelques conclusions sur le monde animal dont nous faisons partie. La principale étant que notre apparence extérieure compte pour beaucoup plus que ce que nous nous imaginons...
Loin de moi l'idée d'aborder le sujet surexploité quoique nécessaire de la confiance en soi ou de la vraie beauté. Bien que nous sachions que les apparences comptent, ne serait-ce que dans nos autocomparaisons quotidiennes, on continue à croire mordicus que la longueur de nos cheveux ou notre style vestimentaire ne disent rien sur nous. Nous voudrions penser que la différence par l'apparence est futile puisque les mêmes vêtements se vendent dans toutes les boutiques et que juger quelqu'un sur son apparence relève du chauvinisme. Mais pourtant, et vous me corrigerez si j'ai tort, l'apparat le plus superficiel me semble envoyer des messages difficile à ignorer, que ce soit consciemment ou pas.
Dans le monde animal, la grosseur et la grandeur servent à intimider ses semblables. Les plus grands et les plus forts imposent la crainte, et sont moins susceptibles d'être attaqués. La grenouille boeuf enfle sa gorge, l'ours se dresse sur ses pattes arrières... Dans le métro, on retrouve ces grenouilles et ces ours dans des vêtements "gangster" très amples grossissant le corps. Leurs mouvements sont exagérés, prennent plus de place. D'où notre sentiment de menace plus ou moins avérée devant certains styles de gens. La crainte ne naît pas de la personne, mais plutôt du message qu'il nous envoie: "Regardez, je suis grand et je prend beaucoup de place, me provoquer est un danger!"
D'autres sont pourvus de cornes et de pics. Les boucs, les taureaux, les porc-épics usent de leurs atouts pour imposer leur présence. Que fait-on alors des studs, ces petits bouts de métal accrochés un peu partout sur le corps des punks?
Certains encore utilisent la couleur. Les grenouilles, les serpents les plus flamboyants sont les plus à craindre. Dans la rue, les cheveux les plus colorés, les coupes les plus extravagantes indiquent une certaine confiance en soi (pour avoir les cheveux bleu, faut avoir des couilles quand même!) et forcent à leur tour le respect.
Une autre catégorie utilise le camouflage. Caméléons et herbivores blanchissant l'hiver venu retrouvent leurs alter-egos dans la masse intangible vêtue en chemise et jean, les cheveux propres, le visage fermé. Ceux-là, on ne les voit qu'à peine: ils sont protégés par leur anonymat.
Bien sûr, il est tout à fait possible de démultiplier les évidences. Les jeunes hommes/lions cherchent à établir leur force en se bagarrant amicalement. Les femmes/corneilles sont attirées par le mâle qui leur apporte des objets brillants. Les jeunes filles/moutons se tiennent en troupeaux pour plus de sécurité (eh oui... si on va aux toilettes en bande, c'est qu'on tient un peu du mouton, les gars).
Mais nous nous éloignons du sujet... comme je crois l'avoir prouvé, l'animal que nous sommes se définit entre autres dans notre apparence et notre attitude physiques. Ainsi, que je ne voie personne me traiter de xénophobe quand j'affirme que les punks, gothiques, rappers, skaters et autres individus grands, colorés et pointus me rendent parfois un peu nerveuse : je met tout ça sur le compte de l'instinct de conservation.
*Université De Tous Les Jours, Montréal
samedi 20 décembre 2008
dimanche 30 novembre 2008
Alexe VS Talons
Je crois que les talons hauts font dramatiquement chuter le QI de toute personne existante. Prenez ces garçons qui à l'Halloween se déguisent en femme, talons à l'appui. Oui, ils sont plus cons qu'à l'ordinaire. D'où peut-être le préjugé sur les belles femmes stupides: elles portent toujours des talons, non? Je crois que les quelques centimètres supplémentaires obtenus par le port d'escarpins changent l'apport d'air ou de sang au cerveau, ce qui modifie la dynamique habituelle d'une personne.
Moi, j'ai eu la très bonne idée de mettre de jolis bottillons à talons toute une journée, puis de me rendre ensuite dans un party : Douleur. Peine et douleur. Mais! je me sentais irrésistible, ce qui compense largement ces quelques désavantages que sont l'étirement des muscles, la compression des gros orteils et le frottement du faux cuir sur ma peau. N'est-ce pas déjà stupide? Mais attendez... il y a pire.
Oui, mon sang ne se rendant pas assez à mon cerveau, je me suis intelligemment dit que je n'avais pas besoin d'emporter des souliers de rechange (stupidité #2). Mais la boisson aidant, j'oublie ma douleur et me lance à corps perdu sur la piste de danse (stupidité #3) Après avoir failli débouler les marches de métal deux fois plutôt qu'une, l'idée vague de simplement retirer mes souliers me passe par la tête. Mais le manque d'air m'empêche de mettre cette brillante idée à exécution. Je continue donc à danser, à valser entre les conversations et à sortir griller quelques cigarette. Mais la soirée avance, il faut que je quitte.
À peine le pied dehors, manteau et énorme sacoche sur le dos, l'exaltation de la soirée se dissipe, remplacée par ma douleur. Nous marchons jusqu'au métro (aille... ouch... ouille...) et, en attendant le prochain wagon, je retire -enfin- mes bottes (intelligence #1) Soulagement que de m'asseoir, pieds nus (en soquettes, on s'entend!) jusqu'à ma station où je me rechausse à contre-coeur. Dehors, je constate que mon autobus n'arrivera pas avant 35 minutes. Trop long: à pieds, je me rend chez moi en 10 minutes. Je pars donc clopin-clopant, prenant mon courage à deux mains (stupidité #4).
Quelques coins de rue plus tard, au tiers du chemin environ, je m'arrête. J'ai beaucoup trop mal. Mon dos, mes jambes, mes chevilles sont fourbus, et surtout, la plante de mes pieds brûle. Mais j'ai quitté le trajet que prend l'autobus depuis longtemps et je suis trop lâche pour rebrousser chemin et l'attendre. Pendant au moins deux minutes bien sonnées, je reste donc plantée là en me demandant ce que je dois faire (oui, comme je disais, l'afflux sanguin prend beaucoup plus de temps à se rendre à mon cerveau) Puis, l'air cesse lui aussi de m'alimenter : en pleine rue, à une heure du matin, un 28 novembre arrosé de pluie et de neige, je retire mes bottes.
Stupidité #5 et 6: pour celle-là, je crois être justifiée de compter chacun de mes pieds.
Puis je marche. Oui, je suis un peu trop éméchée pour me rendre vraiment compte que l'eau pénètre mes bas et que les pierres heurtent mes tendres petits petons, mais en comparaison à la douleur d'être en talons, je suis en pantoufles. En pantoufles froides, mais en pantoufles.
Mais attendez la suite:
Pour me rendre chez moi, je dois traverser un parc. Boueux. Et froid. Non! Une partie de mon cerveau atrophié fonctionne encore et je ne peux me résoudre à le traverser pieds nus. Que fais-je? Mais je remets mes bottes!! Oui, j'enfile dans ces bottines neuves de soixante dollars deux pieds mouillés, froids, boueux et couverts de feuilles mortes, totalement indifférente des conséquences et sans penser que je n'avais qu'à retirer mes bas souillés (stupidité #7). Et je repars.
Saviez-vous que les talons s'enfoncent dans la boue? Moi aussi, quand je n'en porte pas, je le sais. Mais là j'en porte, alors chaque pas ou presque doit être extirpé du petit sentier où m'a mené ma stupidité. Quand je pense que je n'avais qu'à faire le tour, je me dis qu'il s'agissait là de la stupidité #8...
À la sortie du parc, 2 minutes de marche m'attendent encore. Pourtant, je double ce délai d'attente en restant encore une fois plantée là à me demander si je re-retire mes bottes. Mais je ne le fais pas. J'imagine que la sensation spongieuse de mes bas dans mes semelles imbibées devait me sembler agréable, puisque je repars en écoutant mes pas faire clop-squik clop-squik jusqu'à chez moi. Et chez moi, je retire enfin mes bottes, puis mes bas, puis mes jeans trempés et je me crème les pieds à tel point que le chemin entre le divan et mon lit en portait encore les traces le lendemain. Comme mes draps. Comme mes bottes. Et mes vêtements.
Résultat final : Alexe 1, Talons 8.
Moi, j'ai eu la très bonne idée de mettre de jolis bottillons à talons toute une journée, puis de me rendre ensuite dans un party : Douleur. Peine et douleur. Mais! je me sentais irrésistible, ce qui compense largement ces quelques désavantages que sont l'étirement des muscles, la compression des gros orteils et le frottement du faux cuir sur ma peau. N'est-ce pas déjà stupide? Mais attendez... il y a pire.
Oui, mon sang ne se rendant pas assez à mon cerveau, je me suis intelligemment dit que je n'avais pas besoin d'emporter des souliers de rechange (stupidité #2). Mais la boisson aidant, j'oublie ma douleur et me lance à corps perdu sur la piste de danse (stupidité #3) Après avoir failli débouler les marches de métal deux fois plutôt qu'une, l'idée vague de simplement retirer mes souliers me passe par la tête. Mais le manque d'air m'empêche de mettre cette brillante idée à exécution. Je continue donc à danser, à valser entre les conversations et à sortir griller quelques cigarette. Mais la soirée avance, il faut que je quitte.
À peine le pied dehors, manteau et énorme sacoche sur le dos, l'exaltation de la soirée se dissipe, remplacée par ma douleur. Nous marchons jusqu'au métro (aille... ouch... ouille...) et, en attendant le prochain wagon, je retire -enfin- mes bottes (intelligence #1) Soulagement que de m'asseoir, pieds nus (en soquettes, on s'entend!) jusqu'à ma station où je me rechausse à contre-coeur. Dehors, je constate que mon autobus n'arrivera pas avant 35 minutes. Trop long: à pieds, je me rend chez moi en 10 minutes. Je pars donc clopin-clopant, prenant mon courage à deux mains (stupidité #4).
Quelques coins de rue plus tard, au tiers du chemin environ, je m'arrête. J'ai beaucoup trop mal. Mon dos, mes jambes, mes chevilles sont fourbus, et surtout, la plante de mes pieds brûle. Mais j'ai quitté le trajet que prend l'autobus depuis longtemps et je suis trop lâche pour rebrousser chemin et l'attendre. Pendant au moins deux minutes bien sonnées, je reste donc plantée là en me demandant ce que je dois faire (oui, comme je disais, l'afflux sanguin prend beaucoup plus de temps à se rendre à mon cerveau) Puis, l'air cesse lui aussi de m'alimenter : en pleine rue, à une heure du matin, un 28 novembre arrosé de pluie et de neige, je retire mes bottes.
Stupidité #5 et 6: pour celle-là, je crois être justifiée de compter chacun de mes pieds.
Puis je marche. Oui, je suis un peu trop éméchée pour me rendre vraiment compte que l'eau pénètre mes bas et que les pierres heurtent mes tendres petits petons, mais en comparaison à la douleur d'être en talons, je suis en pantoufles. En pantoufles froides, mais en pantoufles.
Mais attendez la suite:
Pour me rendre chez moi, je dois traverser un parc. Boueux. Et froid. Non! Une partie de mon cerveau atrophié fonctionne encore et je ne peux me résoudre à le traverser pieds nus. Que fais-je? Mais je remets mes bottes!! Oui, j'enfile dans ces bottines neuves de soixante dollars deux pieds mouillés, froids, boueux et couverts de feuilles mortes, totalement indifférente des conséquences et sans penser que je n'avais qu'à retirer mes bas souillés (stupidité #7). Et je repars.
Saviez-vous que les talons s'enfoncent dans la boue? Moi aussi, quand je n'en porte pas, je le sais. Mais là j'en porte, alors chaque pas ou presque doit être extirpé du petit sentier où m'a mené ma stupidité. Quand je pense que je n'avais qu'à faire le tour, je me dis qu'il s'agissait là de la stupidité #8...
À la sortie du parc, 2 minutes de marche m'attendent encore. Pourtant, je double ce délai d'attente en restant encore une fois plantée là à me demander si je re-retire mes bottes. Mais je ne le fais pas. J'imagine que la sensation spongieuse de mes bas dans mes semelles imbibées devait me sembler agréable, puisque je repars en écoutant mes pas faire clop-squik clop-squik jusqu'à chez moi. Et chez moi, je retire enfin mes bottes, puis mes bas, puis mes jeans trempés et je me crème les pieds à tel point que le chemin entre le divan et mon lit en portait encore les traces le lendemain. Comme mes draps. Comme mes bottes. Et mes vêtements.
Résultat final : Alexe 1, Talons 8.
jeudi 20 novembre 2008
Pisser plus loin
Il n'y a pas que les hommes qui jouent à qui pisse le plus loin. J'ai, à mes heures, ces envies de clouer le bec à mes contemporains dans des sujets toutefois moins scatologiques.
C'est dans un de ces accès de désir de supériorité que j'ai un jour commencé à m'obstiner avec mon beau-père à savoir qui rencontrait le plus de vedettes dans le cadre de son travail. Mon beau-père, à l'époque camionneur à Montréal, se vantait d'avoir entraperçu quelques célébrités (sans intérêt!) sur les trottoirs de la métropole. Poussée par lui comme par une incompréhensible pulsion s'apparentant au groupisme, j'ai donc commencé à rédiger une liste de presque toutes les simili-stars et semi-inconnus fréquentant mon humble librairie, dans le but de clouer le bec in situ à mon opposant. Longtemps après cette prise de bec infantile et n'ayant toujours pas satisfait mon envie de domination (on comprendra que de janvier à juillet, la chose a perdu de son intérêt initial), la liste traîne toujours dans mon tiroir, inutile. Il me peinait énormément de jeter cette compilation représentant plusieurs mois de dérisoire persévérance, aussi ai-je décidé de la consigner sur cette page. Mentionnons ici que la quantité de noms est bien entendu limitée dans le temps ainsi que par mon atroce mémoire des noms (mon absente, déficiente, impossible mémoire des noms). Voici donc l'objet de mon orgueil:
Mara Tremblay
Pascale Montpetit
Yves P. Pelletier
Louis Champagne
Stéphane Archambault
François-Étienne Paré
Michel Bélanger
Daniel Bélanger
Pierre Falardeau
Laurence Leboeuf
Daniel Thomas
Daniel Pinard
Patrick Lagacé
Jim Corcoran
Jean-Nicolas Verreault
Guy A. Lepage
Danny Leclair
Zachary Richard
Ginette Reno
Dumas
Annick Jean
Damien Robitaille
Pierre Lapointe
Michel Rivard
Marc Labrèche
Abeille Gélinas
James Hyndman
Yves Jacques
Sophie Prégent
Stefie Shock
Diane Dufresne
Alexis Martin
Michel Tremblay
Didier Lucien
Joël Marin
La fille des annonces de Rogers
Marie Eykel
Claire Pimparé
Jacques l'Heureux
Janette Bertrand
Voilà! Je tiens à noter qu'à cette étape de la rédaction, ma fierté me semble tout d'un coup ridiculement mal placée, ce qui me donne l'impression d'avoir pissé plutôt loin quand même, mais un peu partout dans mes souliers.
La belle image...
Alors, qui veut jouer avec moi?
C'est dans un de ces accès de désir de supériorité que j'ai un jour commencé à m'obstiner avec mon beau-père à savoir qui rencontrait le plus de vedettes dans le cadre de son travail. Mon beau-père, à l'époque camionneur à Montréal, se vantait d'avoir entraperçu quelques célébrités (sans intérêt!) sur les trottoirs de la métropole. Poussée par lui comme par une incompréhensible pulsion s'apparentant au groupisme, j'ai donc commencé à rédiger une liste de presque toutes les simili-stars et semi-inconnus fréquentant mon humble librairie, dans le but de clouer le bec in situ à mon opposant. Longtemps après cette prise de bec infantile et n'ayant toujours pas satisfait mon envie de domination (on comprendra que de janvier à juillet, la chose a perdu de son intérêt initial), la liste traîne toujours dans mon tiroir, inutile. Il me peinait énormément de jeter cette compilation représentant plusieurs mois de dérisoire persévérance, aussi ai-je décidé de la consigner sur cette page. Mentionnons ici que la quantité de noms est bien entendu limitée dans le temps ainsi que par mon atroce mémoire des noms (mon absente, déficiente, impossible mémoire des noms). Voici donc l'objet de mon orgueil:
Mara Tremblay
Pascale Montpetit
Yves P. Pelletier
Louis Champagne
Stéphane Archambault
François-Étienne Paré
Michel Bélanger
Daniel Bélanger
Pierre Falardeau
Laurence Leboeuf
Daniel Thomas
Daniel Pinard
Patrick Lagacé
Jim Corcoran
Jean-Nicolas Verreault
Guy A. Lepage
Danny Leclair
Zachary Richard
Ginette Reno
Dumas
Annick Jean
Damien Robitaille
Pierre Lapointe
Michel Rivard
Marc Labrèche
Abeille Gélinas
James Hyndman
Yves Jacques
Sophie Prégent
Stefie Shock
Diane Dufresne
Alexis Martin
Michel Tremblay
Didier Lucien
Joël Marin
La fille des annonces de Rogers
Marie Eykel
Claire Pimparé
Jacques l'Heureux
Janette Bertrand
Voilà! Je tiens à noter qu'à cette étape de la rédaction, ma fierté me semble tout d'un coup ridiculement mal placée, ce qui me donne l'impression d'avoir pissé plutôt loin quand même, mais un peu partout dans mes souliers.
La belle image...
Alors, qui veut jouer avec moi?
dimanche 16 novembre 2008
Calpé et Abyla
Le ciel s'est assoupi sur mes côtes
Bois mes cheveux de neige éternelle
Mon ventre vide
Crée l'opulence
Pareils à la corolle d'une plaie
Nous enfantons la vallée
Mon ventre vide
Crée l'opulence
Pareils à la corolle d'une plaie
Nous enfantons la vallée
Leçon d'arboristerie
Mieux que d'écrire sur internet les pensées et événements qui viennent troubler mon ordinaire, il m'arrive, à moi aussi, de raconter ma vie au monde vivant.
Mon monde vivant est constitué d'un cercle, ou plutôt d'un arbre, dont les branches s'entrecroisent peu. Mes amis sont subdivisés en plusieurs sous-catégories: les vieux amis, les vrais amis, ceux de l'école, du travail, les vagues connaissances et les autres. Ma famille, autre branche, est elle-même sous-divisée en autant de ramures diverses qu'il est possible d'en imaginer: mère, père, soeur, demi-frères et demi-soeurs (4), pères et mères de substitution, sans compter beaux-frères et belles-soeurs, tantes, oncles, grands-parents naturels et par alliance ce qui résulte, en somme, à un temps des fêtes franchement peu reposant.
Or, j'ai pris conscience cette semaine du mode nutritionel de mon arbre... Je m'explique:
Si cet arbre est le mien, j'en suis donc la racine. Les branches les plus proches de mon tronc s'abreuvent donc tout leur saoul des détails insignifiants de ma vie que je prends un temps fou à raconter. Mais plus les branches s'éloignent de mon tronc, moins les bourgeons de ma vie sociale en savent.
Et pour illustrer cette flamboyante analogie, voici une petite histoire :
Cette semaine, une relativement insignifiante histoire de coeur m'a beaucoup remuée. Incapable de rester entre les 4 murs de mon cerveau cubique, je cours chez celle que je considère ma meilleure amie. Pendant au moins une heure, j'explique chronologiquement et alphabétiquement tous les détails de mon aventure. Tout y passe, de ce que je portais ce soir-là à mes remises en question existentielles. Conseillée, consolée, remise sur le droit chemin du réalisme (en opposition à mon habituelle over-dramatisation), je quitte sereinement cette première branche nourrie à craquer de mes états de fait.
Le lendemain, apaisée mais toujours en proie au stress, je ressens le besoin de prendre contact avec une nouvelle branche: ma mère, confidende #1. Ou plutôt #2, dans ce cas-ci. Au téléphone, je déballe mon sac pendant une trentaine de minutes en omettant bien entendu les détails compromettants ou scabreux susceptibles de faire dériver la conversation sur un sujet mère-fille indésirable dans l'instant. Je raccroche, contente d'avoir parlé à ma mère, toujours préoccupée mais mieux.
Plus tard, j'ai l'envie de me défouler. Dans un bar, je rejoins une bonne amie. Celle-ci me tend une branche (!) :"Quoi de neuf?". Je saisis la branche et je la nourris. L'histoire prend dix minutes à raconter. Les détails compromettants sont là, mais les autres, moins.
Dans ce même bar, je rencontre une autre amie et je lui raconte mes péripéties une nouvelle fois. En cinq minutes, le sujet est clos.
Je me demande ce qu'il y aurait à dire à... à mon oncle par alliance, par exemple.
"Gars... au travail... pas intéressée... fatiguant"
3 secondes, top chrono. La branche est beaucoup trop haute.
Mon monde vivant est constitué d'un cercle, ou plutôt d'un arbre, dont les branches s'entrecroisent peu. Mes amis sont subdivisés en plusieurs sous-catégories: les vieux amis, les vrais amis, ceux de l'école, du travail, les vagues connaissances et les autres. Ma famille, autre branche, est elle-même sous-divisée en autant de ramures diverses qu'il est possible d'en imaginer: mère, père, soeur, demi-frères et demi-soeurs (4), pères et mères de substitution, sans compter beaux-frères et belles-soeurs, tantes, oncles, grands-parents naturels et par alliance ce qui résulte, en somme, à un temps des fêtes franchement peu reposant.
Or, j'ai pris conscience cette semaine du mode nutritionel de mon arbre... Je m'explique:
Si cet arbre est le mien, j'en suis donc la racine. Les branches les plus proches de mon tronc s'abreuvent donc tout leur saoul des détails insignifiants de ma vie que je prends un temps fou à raconter. Mais plus les branches s'éloignent de mon tronc, moins les bourgeons de ma vie sociale en savent.
Et pour illustrer cette flamboyante analogie, voici une petite histoire :
Cette semaine, une relativement insignifiante histoire de coeur m'a beaucoup remuée. Incapable de rester entre les 4 murs de mon cerveau cubique, je cours chez celle que je considère ma meilleure amie. Pendant au moins une heure, j'explique chronologiquement et alphabétiquement tous les détails de mon aventure. Tout y passe, de ce que je portais ce soir-là à mes remises en question existentielles. Conseillée, consolée, remise sur le droit chemin du réalisme (en opposition à mon habituelle over-dramatisation), je quitte sereinement cette première branche nourrie à craquer de mes états de fait.
Le lendemain, apaisée mais toujours en proie au stress, je ressens le besoin de prendre contact avec une nouvelle branche: ma mère, confidende #1. Ou plutôt #2, dans ce cas-ci. Au téléphone, je déballe mon sac pendant une trentaine de minutes en omettant bien entendu les détails compromettants ou scabreux susceptibles de faire dériver la conversation sur un sujet mère-fille indésirable dans l'instant. Je raccroche, contente d'avoir parlé à ma mère, toujours préoccupée mais mieux.
Plus tard, j'ai l'envie de me défouler. Dans un bar, je rejoins une bonne amie. Celle-ci me tend une branche (!) :"Quoi de neuf?". Je saisis la branche et je la nourris. L'histoire prend dix minutes à raconter. Les détails compromettants sont là, mais les autres, moins.
Dans ce même bar, je rencontre une autre amie et je lui raconte mes péripéties une nouvelle fois. En cinq minutes, le sujet est clos.
Je me demande ce qu'il y aurait à dire à... à mon oncle par alliance, par exemple.
"Gars... au travail... pas intéressée... fatiguant"
3 secondes, top chrono. La branche est beaucoup trop haute.
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