vendredi 30 janvier 2009

Exemple d'une journée ratée

Tout ça commence le matin.

Comme pas mal toutes les journées en fait.

C'était un beau départ : je m'étais couchée tôt la veille, je me réveille à l'heure et je me sens bien dans mon linge.

Mais puisqu'il faut sortir, je quitte l'appart : la réalité me frappe sous les traits des restants d'une petite tempête de neige. La rue n'a pas été déblayée et puisque je suis la première levée du bloc, personne n'a pelleté. Chanceuse dans ma malchance cependant, il fait doux (!) et j'ai connu bien pire comme tempête. Mais après une cinquantaine de pas à peine, une voiture qui ne daigne pas me contourner me fait signe à grands coup de klaxon qu'il apprécierait me voir élégamment patauger dans un pied neige. Ce que je fais, avec (très peu de) bonne grâce. Première offense.

Rabrouée, je continue vers le parc qui me sépare de l'arrêt d'autobus. J'attaque la colline et patauge quelques minutes jusqu'à l'abribus, mais hourra! l'autobus arrive pile! (mais absolument et complètement bondé). Je m'engouffre donc, avec appréhension, dans la bouche de l'enfer. Trois coins de rue plus tard : un camion énorme et rempli de neige nous coupe, et tente de tourner le coin bien sûr. Avance, recule, avance, recule, la bête tente de se faufiler entre les bancs de neige et les voitures. Et à peine une dizaine de minutes plus tard, nous sommes enfin repartis. À pied j'y serais déjà!

Le métro arrive et j'ai une place assise, ce qui est rare. Je me branche sur mon lecteur mp3 avec de vieux écouteurs parce que les neufs ont brisé la veille (comme vous voyez le malheur n'arrive jamais seul). Transfert, marche, jouage de coudes, et je suis dehors. Le café du matin presse, et le chemin qui y mène est glissant. Qui plus est, je suis en retard! Mais en ce matin d'apocalypse, j'en ai besoin comme d'une bouée de sauvetage.
Au travail rien à signaler, mis à part quelques bogues informatiques mineurs. Comme par exemple, gosser après l'imprimante pendant 10 minutes pour qu'on me montre où mettre le papier. Ah oui : et il manque 200$ à ma paie.

Je termine la journée tard, il fait déjà sombre et les trottoirs ne sont pas plus déblayés que ce matin. Je fais quelques commissions, SAQ, épicerie, club vidéo... Partout, les gens sont pressés et donnent du coude dans les files indiennes qu'obligent la circulation piétonnière. Heureusement, l'autobus qui me mène à chez moi arrive pile au moment où je sors du métro. Je laisse défiler les passagers afin d'entrer dernière. Mais ô surprise! Le chauffeur ferme la porte au nez d'une demi douzaines de personnes, dont moi évidemment, et pars.

Et moi, désespérée, je cours en tapant dans la porte.

Bon. Se rendre compte qu'une petite foule vous regarde trottiner derrière un bus rend un peu honteux, alors pour décompresser (et surtout pour protéger mon orgueil), je décide de marcher. Au coin juste à côté, j'attends la lumière verte en bidouillant mon mp3, cherchant de la musique joyeuse pour me changer l'humeur. C'est alors qu'un jet de gadoue grise et froide expédiée par une voiture sur la jaune me rappela à mon malheur. Super. Marcher me fera définitivement du bien. La musique dans le tapis, l'oeil meurtrier, je rentre chez moi ça presse.

Enfin j'y suis! Mais encore dans l'esprit du défoulement, je décide d'aller pelleter mes balcons. Le pied dehors, je me rends compte que mon sympathique voisin a pelleté toute la neige de mon bord du balcon! Merci voisin! J'empoigne la pelle et la plante rageusement dans l'amoncellement. Et qu'est-ce qu'elle fait la pelle? Ben elle casse!!

(ok rassurez-vous, je ne l'ai pas plantée si rageusement que ça. C'est juste que je l'ai laissée dehors tout l'hiver et elle a fendu. Mea culpa.)

Ok c'en est trop. Je rentre à l'intérieur, j'enlève mon fatras et je cherche mon pyjama. Si je ne sors pas, rien ne peut plus arriver non? Mais NON! J'oubliais le téléphone! Il aurait fallu l'éteindre puisque maintenant il sonne, et c'est le club video où j'ai ramené mes films vingt minutes plus tôt qui m'avise que j'ai oublié de mettre le dvd dans l'enveloppe. À ramener avant 10h ce soir, sinon c'est l'amende!
Encore en pyjama, je cherche le disque... qui n'est pas là! Eh oui, je l'ai oublié chez une amie!

20h37 à ma montre en ce moment. Aucun nouveau malheur n'est arrivé depuis le coup du téléphone. Par prévention cependant, il est hors de question que je ne jette ne serait-ce qu'un regard dehors jusqu'à midi demain.

Et je vous avertis: ce soir, je ne réponds pas au téléphone.

mardi 13 janvier 2009

Odeur de faux

Une odeur de cyprine inutile
Écume l'air étrangement
Forte de désirs interrompus

D'envies asséchées

Longtemps dans l'effluve
Par des relents d'aube dissipée
Je fais face

et dépouille mes chimères de confiance

Puis tu perds mes mots
Puis tu perds mon sens

Et je confond ton vrai
Avec mes silences